Métavers en 2026 : où on en est vraiment (et faut-il encore y croire)

Y’a trois ans, tout le monde parlait du métavers comme si c’était le prochain internet. Aujourd’hui ? Silence radio ou presque. Enfin, pas tout à fait. Faut nuancer.

Perso, je me souviens de la keynote Meta avec les avatars sans jambes. Un moment de gêne collective. Et depuis, on a tous un peu enterré le sujet. Sauf que pendant qu’on l’enterrait, certains ont continué à bosser dessus. Alors on fait le point.

Le grand pari de Zuckerberg, trois ans après

Meta a cramé des dizaines de milliards sur sa division Reality Labs. C’est pas moi qui l’invente, c’est dans leurs propres bilans. Et pourtant, Zuck continue. En 2025, il a réaffirmé sa vision : le métavers viendra, il faut juste patienter.

Le truc c’est que patienter, quand t’es actionnaire, ça pique.

Ce qui marche (un peu)

Faut être honnête, y’a des trucs qui tournent :

  • Les casques Quest se vendent, surtout auprès des gamers
  • Horizon Worlds a gagné en fluidité, même si la base d’utilisateurs reste modeste
  • Les applications pro (formation, prototypage industriel) commencent à trouver leur public
  • La réalité mixte, avec les lunettes qui mélangent réel et virtuel, ça avance vraiment

Bref, c’est pas mort. C’est juste pas ce qu’on nous avait vendu.

Ce qui coince toujours

L’adoption grand public reste franchement molle. Passer deux heures avec un casque sur la tête, c’est fatigant. Point. Aucune techno n’a résolu ça. Et puis y’a la question du contenu : à part quelques jeux et des salles de réunion virtuelles vaguement gadget, on fait quoi dedans ?

Métavers et métiers : révolution ou hype recyclée ?

Là où je trouve le débat plus intéressant, c’est côté pro. Certains prédisent que nos métiers vont être bouleversés par ces environnements immersifs. Architectes qui visitent leurs bâtiments avant construction, chirurgiens qui s’entraînent en VR, formations industrielles à distance. Sur le papier, ça claque.

Dans la vraie vie, ça avance. Lentement. Mais ça avance.

Les secteurs qui bougent vraiment

J’ai discuté avec des gens dans l’ingénierie, et clairement, ils utilisent la VR pour du prototypage. C’est plus une curiosité, c’est un outil. Idem dans la formation médicale, où simuler un geste chirurgical 50 fois sans risque, ça change la donne.

Le retail s’y met aussi, avec des essayages virtuels qui commencent à être potables. On est loin du wow factor promis, mais l’usage émerge.

Le métavers grand public, c’est un mirage ?

Je vais être direct : pour le moment, oui. Enfin, en partie.

L’idée qu’on va tous passer nos soirées dans un monde virtuel à faire du shopping en avatar, c’est encore de la science-fiction. Les usages qui cartonnent aujourd’hui, c’est pas le métavers grandiose façon Ready Player One. C’est des expériences plus modestes, plus ciblées.

Le divertissement numérique a pris un autre chemin

Pendant que le métavers ramait, d’autres formes de divertissement en ligne ont explosé. Streaming, jeux mobiles, plateformes interactives. Les gens veulent du fun accessible, pas forcément immersif à 100%. Même les grands acteurs traditionnels du secteur s’adaptent : la cession d’un casino londonien par Genting pour 34,6 millions de livres en est un bon exemple. Un truc que tu lances en 10 secondes sur ton téléphone, ça bat un casque à 500 balles pour la majorité des utilisateurs.

C’est un peu pour ça que des plateformes classiques accessibles depuis n’importe quel navigateur cartonnent, comme Lucky 31 qui mise sur la simplicité plutôt que sur la surenchère technologique. Le web ordinaire fait très bien le job pour beaucoup d’usages.

Alors, on parie sur quoi pour la suite ?

Ma conviction perso : le métavers tel qu’on nous l’a vendu en 2021 ne se produira pas. Pas comme ça, pas dans les délais annoncés. Par contre, des morceaux de cette vision vont infuser partout. Sans qu’on appelle ça « métavers ».

Les lunettes AR vont devenir communes. Les environnements 3D vont s’intégrer aux outils qu’on utilise déjà. Le télétravail va gagner en immersion pour certains métiers. Mais on n’aura pas de « grand métavers unifié ». On aura plein de petits espaces virtuels, connectés ou pas.

Ce qu’il faut surveiller

Deux trucs à garder à l’oeil dans les mois qui viennent :

  • Les prochaines générations de casques légers, qui pourraient enfin lever le frein du confort
  • L’intégration IA dans les environnements virtuels, qui pourrait rendre les mondes moins vides

Si ces deux briques mûrissent en même temps, la donne change. Sinon, on reste dans le mode « technologie de niche prometteuse » encore quelques années.

Mon verdict, franchement

Ni promesse tenue, ni mirage complet. Un entre-deux frustrant, comme souvent avec les technos qui explosent trop tôt dans le hype cycle. Le métavers de 2026, c’est pas ce qu’on nous avait promis, mais c’est pas rien non plus.

Ceux qui l’ont enterré trop vite risquent d’être surpris dans 5 ans. Ceux qui ont cru à la révolution immédiate ont déjà été déçus. La vérité est au milieu, et honnêtement, elle est plutôt cool si on arrête de vouloir tout de suite un truc qui remplace la réalité.

On en reparle en 2028.