Fair-play : ce que j’ai retenu des dernières semaines de sport
Une scène marquante en février dernier, aux Jeux de Milano Cortina : Ilia Malinin, patineur artistique américain, qui reçoit le Trophée du fair-play. Pas la médaille d’or, non. Le trophée du fair-play. Et franchement, pour un mec qui aurait pu tout ramener à ses quadruples sauts, ce genre de reconnaissance dit quelque chose sur ce qu’on attend encore du sport en 2026.
Le fair-play, on en parle souvent comme d’un truc évident. Genre, bah oui, faut respecter l’adversaire, faut serrer la main à la fin, faut pas gueuler sur l’arbitre. Sauf que quand on regarde de près, c’est tout sauf naturel. C’est même un boulot de tous les jours, sur les terrains amateurs comme dans les grandes compétitions internationales.
Milano Cortina, l’exemple qui remet les pendules à l’heure
Le cas Malinin est intéressant parce qu’il n’a pas fait ce qu’on attend d’une star du patinage. Pas de posture, pas de petite phrase pour marquer les esprits. Juste un comportement irréprochable envers ses concurrents pendant deux semaines. Ca paraît minuscule dit comme ça, mais quand tu vois la pression qui pèse sur ces gamins (parce que oui, on parle souvent d’athlètes de 20-22 ans), c’est loin d’être anodin.
Le trophée en question existe depuis longtemps dans le mouvement olympique. Il récompense pas la perf pure, mais l’attitude. Et là, tu te dis que le CIO tient quand même à ce que ce genre de valeur reste visible, même dans un sport où la note technique compte pour tout.
Ce qui change avec les réseaux sociaux
Le truc c’est que maintenant, tout se voit. Un geste déplacé sur la glace ou sur un terrain, deux heures plus tard c’est en boucle sur TikTok. Ca peut décourager (l’athlète a l’impression d’être en permanence surveillé) ou au contraire ça peut pousser à mieux se tenir. Perso je penche pour la deuxième option. Les jeunes qui arrivent aujourd’hui savent qu’un pétage de plombs va les suivre pendant dix ans.
Les supporters d’Arsenal, la vraie leçon
Autre moment récent qui a fait causer : la défaite d’Arsenal contre le PSG en Ligue des champions. Sur le papier, un match tendu, des Gunners qui pensaient pouvoir gagner, et au final une déconvenue. Et là, au lieu du bordel habituel dans les tribunes, des supporters qui lâchent des trucs du genre « on a tellement bien joué, mais le PSG est de loin la meilleure équipe au monde ».
Reconnaître la supériorité de l’adversaire quand tu viens de te faire sortir d’une C1, faut le faire. Surtout quand tu es supporter et pas joueur. Le joueur, à la limite, il est obligé par les codes. Le supporter, lui, il paye sa place, il peut cracher tout ce qu’il veut. Et là, non.

Ce genre d’attitude ça se travaille aussi hors des stades. D’ailleurs on retrouve la même logique dans le gaming en ligne : perdre une partie sans balancer d’insultes dans le chat, féliciter l’adversaire quand il a mieux joué, c’est le même muscle mental. Que ce soit sur un jeu compétitif hardcore ou sur un truc plus détendu comme jouer à Chicken Shoot sur ton téléphone entre deux réunions, l’esprit reste le même : t’as pas gagné, tu recommences, tu râles pas sur l’autre.
Grenoble et les MFR de la Mayenne, le fair-play au ras du terrain
Loin des projecteurs, y’a des initiatives locales qui bossent le sujet depuis des années. A Grenoble, un événement récent a rappelé que le fair-play, ça se joue autant en dehors du terrain que dessus. Les gestes de solidarité, l’accueil des équipes visiteuses, le respect des bénévoles qui font tenir un match… tout ça compte.
Même chose à Saint-Berthevin en Mayenne, où les Maisons familiales rurales ont organisé une journée qui mélangeait sport, fair-play et prévention. Un cocktail plutôt malin. Les gamins font des activités physiques, mais on leur parle aussi de comportement, de respect, de ce que ça veut dire d’être un bon perdant ou un bon gagnant. Ca a l’air rien, ce genre d’événement, mais c’est là que ça se joue.
Pourquoi ça marche mieux avec les jeunes
- Ils sont encore malléables sur les codes de comportement
- Le message passe mieux quand il est lié à une activité physique plaisante
- Les adultes présents servent de modèles directs, pas juste de donneurs de leçons
- Le collectif prend le pas sur l’ego personnel plus facilement à cet âge
Bon après, tout n’est pas rose non plus.
Quand le fair-play prend un coup
Parce qu’il faut aussi parler des trucs qui fâchent. Récemment, Amandine Fouquenet a raté la victoire au général du Superprestige en cyclo-cross à cause d’une alliance qu’on peut qualifier d’antisportive entre concurrentes. L’image a tourné, et clairement ça a pas fait plaisir à voir.
Le problème c’est que ces coalitions de course, techniquement, c’est autorisé. Y’a rien dans le règlement qui l’interdit. Mais moralement, ça pique. Priver une adversaire d’une victoire au général en s’organisant à plusieurs contre elle, c’est le genre de zone grise qui donne envie de gueuler.
Et c’est là que le fair-play devient compliqué. Parce que respecter les règles écrites, c’est une chose. Respecter l’esprit du sport, c’en est une autre. Les deux se recoupent souvent, mais pas toujours.
La différence entre lettre et esprit
Un athlète peut être 100% dans les clous du règlement et avoir une attitude dégueulasse. Un autre peut commettre une faute technique par maladresse et rester quelqu’un de super correct. Le règlement, c’est le plancher. Le fair-play, c’est ce qu’on met au-dessus.
Ce qu’on peut retenir de tout ça
Le fair-play n’est pas mort, loin de là. Les exemples récents le prouvent, du patinage aux tribunes anglaises en passant par les MFR de province. Y’a juste des zones d’ombre, comme dans le cyclo-cross, qui rappellent que rien n’est acquis.
Ce qui est chouette, c’est que le sujet reste discuté. Personne ne dit « osef, on est en 2026, on s’en tape ». Au contraire. Les instances récompensent, les médias soulignent, les clubs éduquent. Ca bouge.
Et puis franchement, un sport sans fair-play, ce serait quoi ? Un truc où on joue juste pour gagner à n’importe quel prix. Bof.
FAQ
C’est quoi exactement le Trophée du fair-play olympique ?
C’est une distinction remise pendant les Jeux à un athlète ou une équipe qui s’est illustré par son comportement exemplaire. Ca récompense l’attitude, pas la performance. Cette année à Milano Cortina, c’est le patineur américain Ilia Malinin qui l’a reçu.
Est-ce que le fair-play se perd dans le sport pro ?
Pas vraiment, en tout cas pas de manière générale. Y’a des dérapages (comme l’alliance vue récemment sur le Superprestige de cyclo-cross), mais globalement les gestes de respect restent nombreux et sont même de plus en plus mis en avant par les médias et les instances.
Comment on apprend le fair-play à un jeune ?
Par l’exemple avant tout. Les initiatives comme celle des MFR de la Mayenne à Saint-Berthevin, qui mixent activité sportive et prévention dans une même journée, marchent parce qu’elles associent le message au vécu direct. Les jeunes apprennent en faisant, pas en écoutant un discours.
Un supporter peut-il vraiment être fair-play ?
Les supporters d’Arsenal après la défaite face au PSG en Ligue des champions ont montré que oui. Reconnaître la supériorité de l’adversaire quand tu viens de payer ta place pour voir ton équipe perdre, c’est même une des formes les plus pures de fair-play.